Le livre qui a sauvé Noël

Publié le par Jeanne Ulet

Le livre qui a sauvé Noël

Bon, j’avoue, j’ai mieux à faire que d’écrire un article. J’ai du travail à préparer, de la broderie à faire (on sous-estime la difficulté d’un cadeau de naissance), des cadeaux à acheter, mes cheveux à bichonner, en un mot des MILLIONS de projets. Et aucune envie de faire quoi que ce soit.

Mon problème se situe surtout par rapport aux cadeaux de Noël, en fait. Je trouve rarement la super-bonne-idée-qui-va-faire-vachement-plaisir, alors je me rabats sur les livres.

…les livres. Peut mieux faire non ?

Quoique…

Le terme est tellement vaste qu’il est difficile de savoir quoi y mettre. C’est plus de simples pages reliées ; le livre peut être romancier, poète, géographe, historien, philosophe, juriste, théologien, linguiste, tout ce que vous voulez. Sans compter la catégorie annexe des BD/comics/mangas.

Alors avec tant de choix, comment savoir ce qui va faire vraiment plaisir ?

Je ne vais pas vous dire le pourquoi du comment du bon choix. C’est extrêmement personnel et je ne suis même pas sûre d’être de bon conseil. Je sais en revanche que le livre est plus qu’un cadeau « lambda ». Il peut certes raconter de belles histoires ou être source de savoir, mais le livre est avant tout un véritable don du Ciel. Je ne remercierais jamais assez Gutenberg pour le miracle de l’imprimerie. C’est plus qu’un amas de pages, il peut aussi être un cadeau super classe ! Avez-vous pensé aux collections et aux livres anciens ? Et savez-vous où acheter ?

I. Les collections

Je sais. La kindle ou quel que soit le nom qu’elle puisse porter, en deux mots le livre électronique, est une merveille. Il permet de garder une centaine de romans dans son sac à mains, des livres de recettes, et que sais-je encore. Je ne vais pas vous imposer un immense délire contre le livre électronique, ce n’est pas le but de cet article, et je pourrais écrire une véritable trilogie pour expliquer mes raisons. Disons que je regrette entre autres le contact du papier sous mes doigts.

Donc, si vous offrez un livre (ce qui est, rappelons-le, le plus beau cadeau du monde), vous offrez d’abord un objet. C’est malléable, c’est concret, c’est fragile et ça se respecte (évitez donc de le faire tomber dans votre bain, par pitié).

Ensuite, le livre est de l’art. Je ne vous parle pas bien sûr des livres de poche, deux achetés le troisième offert, ou les éditions collège et autres spécimens. Cependant, en toute honnêteté, n’appréciez-vous pas la douceur du papier glacé sous vos doigts ? Les livres de géographie/voyages sont spécialement appréciables. Ce sont de véritables objets de collection pour les amateurs.

Certaines éditions peuvent même coûter assez cher, cela dépend donc de votre budget. Comptez 50 € minimum pour un livre de la Pléiade (chez Gallimard). Certes, ils sont difficiles à lire (c’est du papier bible, donc pas dans sac à main et SURTOUT PAS DANS LE BAIN !!!), mais les bibliothèques de collectionneurs, les successions de couvertures harmonisées sur les étagères, ont un chic fou. Sans compter qu’il y en a pour tous les goûts ! Editions bilingues, auteurs allant du Moyen-Âge jusqu’au XXIe siècle (un des derniers en date étant Jean d’Ormesson), même la Bible et le Coran (ils ne m’ont pas payée pour faire de la publicité, mais j’admets qu’ils sont ma faiblesse).

Collection La Pléiade, l'art du livre et livre d'art

Collection La Pléiade, l'art du livre et livre d'art

D’autres belles éditions existent bien sûr, certaines librairies spécialisées en ont même des splendides (et en y mettant les moyens, vous pouvez même faire personnaliser le livre aux initiales de son destinataire !). Pour les plus petits budgets, Gallimard a une collection assez variée de beaux livres, traitant entre autres de la photographie, la littérature, ou de l’architecture. Le livre le moins cher que j’y ai trouvé est à une dizaine d’euros, ce n’est vraiment pas la mer à boire.

Toujours chez Gallimard, pensez à l’Edition blanche. Si ce terme vous est totalement inconnu comme il l’était pour moi jusqu’à ce que je commence à rédiger l’article, il s’agit des éditions originales de Gallimard à couverture blanche, vous en voyez certainement chez le libraire du coin. C’est simple, épuré, chic même, vieillit bien, et coûte environ 15€ (à proscrire du bain donc). Ce sont généralement des œuvres très littéraires.

L'Edition blanche, chic des éditions originales (Gallimard)

L'Edition blanche, chic des éditions originales (Gallimard)

Une autre solution bête est celle des dictionnaires. On n’y pense pas assez, mais ils peuvent vraiment plaire aux connaisseurs. Je ne vous parle bien sûr pas du gros Robert, mais pourquoi pas un dictionnaire de la poésie, de la musique, ou de la peinture ? La collection Dictionnaire amoureux de chez Plon est assez vaste et est de bon effet dans une bibliothèque. Les auteurs sont aussi variés que les ouvrages, un peu comme la collection des Nuls. C’est d’ailleurs un peu la même idée, l’humour en moins et la classe en plus. Vous pouvez les trouver facilement pour 25€ en librairie.

Les Dictionnaires amoureux : Les Nuls, mais en classe

Les Dictionnaires amoureux : Les Nuls, mais en classe

Idée à recycler : si la personne en question est absolument fan d’une collection en particulier, vous pouvez être sûr de lui faire plaisir en lui offrant un nouveau livre tous les ans ! Je l’ai vu faire avec une édition spéciale des œuvres d’Agatha Christie, et ma famille est sûre de me faire plaisir en m’offrant le dernier Nicolas Le Floch (dont j’ai déjà parlé ici) dès sa sortie en 10/18…

II. Les livres anciens

Au risque de passée pour la fille la plus démodée du monde (alors que révélation ! J’ai moins de trente ans), j’ai une passion pour les livres anciens (et pour les collections de timbres anciens, et tous les objets de plus de cinquante ans en général. Je suis née à la mauvaise époque). Les puristes considèrent qu’un livre est ancien s’il date au plus tard du XIXe siècle. L’éducation s’étant popularisée après la Révolution, les livres imprimés après 1800 n’ont que peu de valeur.

Je ne suis pas d’accord avec ce constat. Pour moi un livre est ancien s’il est âgé d’au moins un siècle, et certains se trouvent à des prix très abordables chez les bouquinistes (j’ai ainsi pu acheter Les Aventures de Télémaque à 5€, alors que le livre avait été imprimé en 1826). Plus surprenant, j’ai trouvé une édition originale d’un recueil de chansons de Pierre-Jean Béranger (chansonnier du XIXe siècle) accompagnés des textes de ses procès pour 13€. Donc nul besoin d’être Rockfeller pour faire plaisir avec un livre ancien !

Veillez tout de même à acheter des volumes en bon état. Même si le destinataire est un collectionneur, il voudra peut-être le lire. Donc attention à l’état de la couverture. Une couverture de cuir a forcément plus de valeur, mais elle n’est guère intéressante déchirée ou menaçant de s’abîmer. Attention si vous achetez un livre des années 40 ou postérieur : il s’agit le plus souvent de simili cuir. Pour les couvertures en carton, attention aux déchirures.

Une dédicace à l’intérieur de l’ouvrage n’ajoute de la valeur à l’objet que si l’auteur ET le destinataire sont connus. De même, les éditions originales de grands auteurs n’ont que peu d’intérêt (à part pour le premier Musso peut-être, ainsi que les livres très rares et hors de prix comme les éditions originales de Voltaire). Faites donc attention aux bouquinistes prompts à vous faire payer bien au-dessus de la valeur du livre parce qu’il est dédicacé ou qu’il s’agit d’une première édition (notamment ceux des bords de Seine…).

Sur l’intérieur du livre, prenez garde au cordon marque-page. Il n’est d’aucune utilité s’il est fragile. Tirez (légèrement, on n’est pas des bourrins !) dessus pour vérifier qu’il ne casse pas (ça m’est arrivé récemment). Vérifiez que les pages ne sont pas « piquées » (tachées de petits points oranges), cela signifie que le livre a mal vécu et est peut-être de mauvaise qualité (et de même, attention aux arnaques).

Idée supplémentaire : si vous avez les moyens et êtes sûr de faire plaisir, vous pouvez mélanger livre ancien ET collection ! Dans ce cas, tâchez de rester cohérent sur la date de publication, n’offrez pas un livre de 1830 et un autre de 1870 même s’il s’agit du même éditeur.

III. Où acheter ?

Je vous entends d’ici : « c’est bien beau, mais où on achète ? ». C’est une question GENIALE ! Et vous savez pourquoi ? Parce qu’elle signifie que j’ai déjà réussi à vous convaincre !!

Plus sérieusement.

D’abord, vous pouvez acheter en ligne. Pour les collections, la plupart peuvent se commander sur le site de l’éditeur ou par la vente en ligne de grandes librairies telles que la Fnac ou Decitre. Pour les livres anciens, le site de référence est AbeBooks. Ils ont un énorme catalogue, mais je ne vous recommande absolument pas ce moyen. Envoyer un livre par la poste n’est une bonne idée que s’il est bien protégé, surtout pour les livres anciens, et nul ne peut être sûr que l’emballage en période de fêtes sera de qualité (sans vouloir dévaloriser le travail de ceux qui expédient, mais le fait est qu’ils ont beaucoup de choses à gérer en même temps).

De façon générale, évitez d’acheter vos livres par internet à moins que ce ne soit inévitable (Amazon, Leboncoin, ou habitation au beau milieu du Sahara).

Reste les grands libraires tels que ceux que j’ai déjà cités, les librairies de quartier, ou les bouquinistes. Pour autant que j’aime ces derniers, les prix y sont facilement excessifs dès lors qu’on veut quelque chose en bon état. Ils ont de plus tendances à nous prendre pour des buses et à essayer de nous avoir (cela dit il suffit d’un peu de savoir-faire pour se débarrasser d’un vendeur gênant : un bouquiniste a déjà essayé de me refiler une collection horriblement chère de livres inutiles et moche. Il prétendait me faire un prix, j’en doute fortement, et il essayait surtout de s’en débarrasser. J’ai réussi à l’éloigner en arguant que ces livres n’étaient pas de la même édition).

Prudence, donc. Mais ce n’est pas parce qu’il faut y aller avec des pincettes qu’il faut renoncer à l’idée. Un beau livre, bien choisi, fait véritablement plaisir. Si vous connaissez bien le destinataire du cadeau, il sera sûrement très content de ce que vous lui offrez et touché que vous ayez mis tant de soin dans votre choix).

Alors n’hésitez plus, le livre est LE CADEAU QU’IL VOUS FAUT !!

Bien à vous,

Jeanne Ulet

Publié dans Moi et Calamus

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