Les gens heureux lisent et boivent du café

Publié le par Jeanne Ulet

Les gens heureux lisent et boivent du café

Qui est Diane ?

Plus personne. Elle n’est rien. Plus rien depuis la mort de Colin et Clara. Elle ne dort plus la nuit, elle ne voit plus sa famille, elle n’a même plus la force de s’occuper de son café littéraire poétiquement nommé Les gens heureux lisent et boivent du café.

Le cadre est posé. Les gens heureux lisent et boivent du café est également le titre du roman, et Agnès Martin-Lugand nous sert ici un best-seller époustouflant. Publié en 2013, il s’agit de son premier roman. Il est d’abord sorti en auto-édition sur Kindle, et a immédiatement tapé dans l’œil des blogueurs littéraires (je n’étais pas là à ce moment-là, mais j’admets que ça flatte). Depuis, les éditions Michel Lafon ont repris la publication. Pocket a suivi de près avec un bouquin de 186 pages.

Les gens heureux lisent et boivent du café a été suivi en 2014 par Entre les mains le bonheur se faufile. En 2015 est sorti La vie est facile, ne t’inquiète pas, qui est apparemment la suite des Gens. Cette même année, une production américaine a acheté les droits du premier opus.

Agnès Martin-Lugand

Agnès Martin-Lugand

Mais plus exactement, de quoi est-il question ?

Comme je l’ai dit, Diane est veuve. Son mari et sa fille sont morts dans un accident d’auto un an auparavant. Ses parents la prennent pour une capricieuse et ne songent qu’aux apparences. Le café est tenu par Félix, meilleur ami de Diane, peu doué en gestion mais d’un soutien indéfectible envers son amie. L’appartement ? Un temple. Diane ne sort que pour acheter le nécessaire. Elle fume, a voilé les miroirs, s’habille et se parfume avec les affaires de son mari, dort avec un des doudous de sa fille.

En un mot, elle déprime. Elle a refusé de faire son deuil.

Ses journées se limitent à comater devant la télé et ressasser ses souvenirs. Félix vient régulièrement faire le ménage et lui parler. Un jour, il lui parle de partir en voyage. Pour passer à autre chose. Diane refuse d’abord de quitter son cocon, puis l’idée fait son chemin. Alors elle part à Mulranny. Dans un trou perdu d’Irlande.

Elle rencontre Edward. Photographe, neveu des propriétaires du cottage qu’elle loue, c’est une belle enflure. L’amabilité ? C’est pas son truc. Il bloque le passage avec sa voiture, il se montre grossier, c’est le prince charmant. Sa sœur est tout son opposé. Judith est aimable, ouverte, elle s’attache vite à Diane et s’emploie à la faire sortir de sa tanière.

L’histoire est donc classique, au final. La femme enfoncée dans sa douleur se relève bien malgré elle. La vie continue.

La suite des Gens. Je le veux.

La suite des Gens. Je le veux.

Pourquoi le livre m’a plu ?

D’abord, le titre. J’ai flashé dessus par hasard, je ne connaissais pas Agnès Martin-Lugand et je m’en portais très bien. Seulement quand j’ai vu ça…c’est tout moi ! Droguée au café (j’en boirais des litres si ça n’encourageait pas mes tendances insomniaques), amoureuse de la lecture, avouez que c’était plutôt bien parti ! Sans compter qu’il y a plus malheureux que moi dans la vie ;) Et puis bon, il s’agissait d’une offre « 3 achetés 1 offert » de la Fnac locale, et leur rayon francophone n’est pas super grand…

Ensuite, le contenu. J’aime bien le côté « histoire de tous les jours ». J’apprécie beaucoup le fantasy, mais les romans « réalistes » me plaisent justement par le fait que ça pourrait m’arriver. Certes, je n’ai aucune envie de voir mon mari et ma fille mourir (il faudrait déjà que j’aie un mari^^). Mais l’histoire derrière est assez…lumineuse. La plupart des romans décrivent la descente aux enfers du personnage principal, avant de (généralement) suivre sa remontée. Au début des Gens, Diane est déjà au plus mal. Par conséquent, elle ne peut que monter.

- Je me demande si ce n'est pas un serial killer.
- T'as fumé de la laine de mouton ?

Les Gens heureux lisent et boivent du café, A. M-L

Et enfin (je pourrais donner mes raisons pendant des heures, mais restons sobres^^), pour un amas de minuscules détails qui m’ont faite entrer dans l’histoire (ce qui a rendu le retour à la réalité assez violent d’ailleurs). Je parle du chien Postman Pat ; de l’affaire de l’alliance. Et puis du cadre irlandais, bien sûr. C’est un pays que j’aime beaucoup, et Agnès Martin-Lugand a globalement bien su rendre l’ambiance de ces régions encore un peu sauvages, mais riches de leurs habitants.

Ce ne sont que quelques raisons parmi toutes celles qui ont fait que le livre m’a plu. Il ne rentre malgré tout pas dans mes préférés, mais je ne regrette absolument pas mon achat, et vous savez quoi ? J’ai hâte de le voir sortir au cinéma !

Bien à vous,

Jeanne Ulet

Publié dans Les belles lettres

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