Scène première : Invention

Publié le par Jeanne Ulet

Scène première : Invention

Je ne sais pas si c'est un avantage ou un inconvénient, mais je suis en retard. Fictionpress a déjà quatre chapitres de La Fille aux oiseaux, et ici je n'ai posté que le Prélude. Alors je vais faire de mon mieux pour me rattraper au plus vite. Je pourrais dire que je découvre encore overblog - ce qui est vrai, je ne suis pas là depuis très longtemps - mais ce serait davantage une excuse. J'ai bien réussi à écrire les cinq premiers articles !

Bref. Parfois il vaut mieux se taire que trop en dire, autrement on s'enfonce. J'ai découvert une citation de Paul Claudel dans Le Soulier de Satin que je viens de commencer (d'habitude je préfère voir les pièces au théâtre que les lire, mais on m'a offert celle-ci à Noël et c'est, disons...intéressant. Je ne suis qu'au début alors je ne peux pas en dire plus). Je pense que cette citation fait une parfaite conclusion :

"C'est ce que vous ne comprendrez pas qui est le plus beau, c'est ce qui est le plus long qui est le plus intéressant, et c'est ce que vous ne trouverez pas amusant qui est le plus drôle"

« La performance technique n'est rien en soi, la danse commence quand on y met une âme. » Leïla Hassan

15 février 2002, Londres

— Vous êtes frigide ou quoi ? Le rôle de la belle au bois dormant demande un peu de sensualité. Sen-sua-li-té ! Vous êtes aussi gracieuse qu’un manche à balai.

La jeune Diana Dwayne soupira. Ce genre de scènes n’était pas rare. Mikhaïl Vaclavitch Meldornov n’était pas ce qu’on pouvait nommer pédagogue. En tant que professeur, il était même un enfer à supporter. Rien n’était assez beau, rien n’était assez parfait pour lui. Il lui arrivait même de s’énerver contre ses propres gestes. Les rumeurs disaient que son comportement au Royal Ballet était pire que celui supporté par les élèves de l’Institut.

L’Institut. Terme pudique pour désigner ce qui devenait la salle de torture d’à peine vingt ou vingt-cinq adolescents en une dizaine d’années. L’entrée était presque impossible, Meldornov n’acceptait que quelques privilégiés soutenus et sélectionnés par de prestigieuses écoles de ballet.

Une fois cette épreuve passée, l’élu n’était pas au bout de ses peines et là commençait la véritable souffrance. Le professeur était excellent, mais il le savait et à ce titre réclamait la perfection absolue. La danse devait avoir une âme, et malheur à celui qui oubliait ce composant ! Tous avaient déjà affronté leur professeur dans un mauvais jour, et là c’était au tour de Diana.

Meldornov décréta cinq minutes de pause et la reposa au sol. Diana bondit aussitôt sur sa bouteille d’eau. Un quart d’heure de répétition de portés l’avaient tuée. Pourtant, elle aurait dû être habituée. Meldornov gardait ses élèves cinq ans en moyenne et elle, à dix-sept ans, en avait déjà fait six. C’était plus que la normale, à croire que le professeur s’amusait à la torturer. S’il la trouvait réellement mauvaise, il l’aurait déjà renvoyée, mais elle ne le satisfaisait jamais. Un véritable paradoxe dont Diana se serait bien passée si son professeur n’était une porte ouverte pour une grande carrière.

Il fallait pourtant qu’elle supporte. Meldornov avait un credo, c’était la maîtrise. L’Institut avait un statut particulier, indépendant…mais issu du Royal Ballet tout de même. Parler de façon exacte serait faire un trop long discours, et Diana elle-même n’était pas trop sûre du statut exactement occupé par l’établissement. Elle savait, bien sûr, qu’en tant que directeur, il gérait (elle lui devait autant sa place que son statut d’eau stagnante). Mais il n’avait tout de même pas tous les pouvoirs… Pour aussi prestigieux que soit l’Institut, elle ne pouvait néanmoins tout fournir aux élèves. Ils étaient seize, seize d’entre onze et dix-sept ans. Trop peu pour entretenir une armée de professeurs, aussi n’étaient-ils en permanence que deux…plus Meldornov.

Régulièrement, les plus âgés (ils n’étaient jamais que six de seize et dix-sept ans) quittaient le bâtiment. Remarquables par leur uniforme vert bouteille, ils prenaient les transports une à deux fois par semaine pour des leçons à l’Académie. C’étaient des leçons de maquillage, de danse folklorique, un peu de danse de salon aussi. Ils se mêlaient aux élèves du Royal Ballet pendant deux heures et demie avant de reprendre le chemin inverse. Le contemporain et le ballet étaient enseignés à l’Institut. Meldornov recevait les élèves en leçons particulières presque tous les débuts d’après-midi, parfois même jusqu’à cinq heures. Ne s’y rendant au départ qu’une fois par semaine avec un autre élève de son âge, Diana avait fini par être reçue tous les jours, et parfois même juste avant le dîner.

Les élèves de l’Institut se distinguaient encore lors de la prestation annuelle du Royal Ballet. Ils y participaient toujours. Dans le défilé de la Compagnie, le justaucorps vert des danseuses, le collant marron des danseurs, tranchait sur le blanc et noir de l’Académie. C’était l’Institut. Des élus envoyés par de grandes écoles afin d’obtenir le talent de celui reconnu comme étant un des meilleurs danseurs de sa génération. Le successeur de Noureev et Baryshnikov, l’égal de Patrick Dupont.

La sortie était la consécration. Soutenu par le Royal Ballet, il accompagnait la danseuse dans une pièce connue. Pour les danseurs, il choisissait une étoile réputée du Royal Ballet et ne dansait pas. Le ballet était en l’honneur de l’élève, pas pour lui. Avant d’être un artiste, Meldornov était avant tout un amoureux de la danse.

Il avait fondé l’Institut depuis neuf ans, mais n’enseignait régulièrement que depuis six. Diana ne savait pas si elle devait bénir ou maudire le temps qui l’avait faite arriver à cette période. Elle travaillait avec Meldornov à raison d’une séance par jour – ce qui était beaucoup, l’école comptait tout de même plus d’élèves que de jours dans la semaine – et ses jours d’amabilité pouvaient se compter sur les doigts de la main.

Mais il avait du talent.

— On reprend Dwayne, méritez votre place ici.

Si Diana voulut à nouveau soupirer, elle ne le fit pas. Ça n’aurait fait qu’aggraver l’humeur du principal dancer. Pourtant, il avait déjà été bien pire ; avec un peu de recul, on pouvait même dire qu’il était presque dans un de ses bons jours. Restait à savoir comment il se comportait avec les autres élèves, mais Diana ne se serait pour rien au monde aventurée sur ce terrain-là. Meldornov était Meldornov, et les rumeurs le transformaient en diable.

Fils de diplomate, Mikhaïl Vaclavitch Meldornov avait trente-et-un ans. Bien que né en URSS, il parlait un anglais presque sans accent. Contrairement à ses homologues Noureev ou Baryschnikov, qu’il reconnaissait tous deux comme étant les plus grands danseurs du XXe siècle, Meldornov n’avait jamais tenté le passage à l’ouest. Il ne l’avait même jamais voulu. 1989 avait vu ses dix-huit ans, et la danse l’avait empêché de chuter avec le régime. Soliste au Kirov, les opéras occidentaux s’étaient ouverts à lui et il avait rapidement répandu son nom. Par la même occasion débuta la carrière internationale d’un politicien que la chute du mur de Berlin poussait à retourner sa veste.

Son caractère affreusement teigneux était déjà célèbre lorsqu’il créa l’Institut, situé non loin du célébrissime Buckingham Palace. Son installation au Royal Opera trois ans plus tard le décida à s’intéresser davantage à la beauté du geste de ses élèves. Il partageait maintenant son temps entre l’opéra et l’Institut. Il s’absentait tout de même souvent, et chacun de ses retours était signe pour Diana de nouvelles souffrances à venir. Meldornov entendait souvent lui faire rattraper en une séance les quatre ou cinq manquées.

…Six ans déjà… Six ans, et un parcours peu banal. Peut-être était-ce d’ailleurs pour cela que Meldornov ne parlait pas encore de la sortir. Il croyait bien faire en attendant que la boue de ses origines soit lavée. Le pire dans l’histoire était que Diana n’avait aucun pouvoir de contestation ; elle lui devait tout. Sans lui, Dieu seul savait ce qu’elle serait devenue.

Diana Dwayne était née à Toxteth L8, quartier modeste de Liverpool, et selon certains le plus pauvre d’Angleterre. Sa mère faisait des ménages lorsqu’elle pouvait, et son père était parti depuis ses quatre ans. Son seul salut avait été l’association Sun for you my children venant en aide aux enfants défavorisés. Des activités pour prévenir la délinquance. Classique mais efficace. Un été, elle avait vu la mer. Pendant l’année, les cours de danse étaient gratuits et Rose Dwayne avait décrété qu’elle irait.

L’événement déclencheur avait été la décision de Sun for d’ouvrir une école de danse dans le quartier. Son initiative avait été bien vue par le Conseil municipal, et il ne lui manquait que le nom. Une proposition avait au hasard été envoyée à Meldornov. Accepterait-il de prêter son nom pour mettre du soleil dans la vie de ces enfants ? Il était à Londres après tout, et le parrainage d’un danseur célèbre ne pouvait que soutenir l’initiative. Cela paraissait désespéré, l’orgueil de ce danseur n’en était plus à se faire connaître, et pourtant…il accepta.

Diana n’avait jamais réellement compris pourquoi non seulement il avait accepté de prêter son nom, mais était en plus il venu. On le savait surchargé et égocentrique. Il avait néanmoins participé à l’inauguration, assistant par la même occasion à un spectacle dansé par les élèves du quartier. Diana s’en souvenait encore. Son premier solo ! Elle avait tremblé dans les coulisses, dans son tutu rose cousu par une volontaire du quartier. La chorégraphie n’était pas très belle et les pas hésitants. D’autres élèves étaient bien meilleures qu’elle, mais c’était sur cette jeune fille de onze ans trop maigre que le regard de Meldornov était tombé.

Le soir même, il s’informait de son nom. Le lendemain, il lui proposait une place et une bourse. Examen médical. Le mois suivant, elle entrait à l’Institut, et depuis partageait son temps entre la danse et l’enseignement scolaire général.

— Tendez la jambe, vous ressemblez à un portemanteau !

…Et il était dans un bon jour. Etonnant à dire, pourtant cela était la vérité vraie. Lorsqu’il était d’humeur massacrante, il l’avait déjà traitée d’ectoplasme, bâton de chaise, ou plus originalement de cadavre d’éléphant. Ses comparaisons étaient dignes des annales.

Diana raffermit la pose et tenta de la garder alors qu’il la soulevait. Comme tous les danseurs, Meldornov était fort. Diana avait beau être plutôt petite et menue, cela n’enlevait rien au mérite de son professeur lorsqu’il la soulevait d’un seul bras. Il en était même agrandi lorsqu’on considérait qu’en même temps il commandait au pianiste, lui donnait à elle des instructions, tout en regardant le reflet du miroir. Tous les danseurs avaient un côté surhomme comme lui, mais du haut de sa pauvre expérience, était tout aussi impressionnée que la première fois où elle l’avait vu sur scène.

Contrairement à ce à quoi elle s’attendait, Meldornov ne contesta pas sa nouvelle pose. Un compliment lui aurait probablement arraché la bouche, mais il laissa le pianiste continuer son jeu, enchaînant par là même la suite du mémorable pas de deux. Il aimait travailler les chorégraphies célèbres ; lorsqu’ils ne travaillaient pas la technique, ses élèves faisaient leurs classes sur du Tchaïkovski ou du Prokofiev. Ce n’était pas la première fois que Diana dansait sur la Belle au bois dormant, mais elle n’avait jamais appris le ballet en entier. Cet honneur était réservé à la présentation du danseur, et la décision ne revenait pas à Diana. Elle ne pouvait même pas choisir le ballet en question. Si elle avait pu… Giselle, peut-être, ou L’Oiseau de Feu. L’Oiseau serait bien, mais Diana faisait assez confiance au jugement sûr de son professeur pour savoir que lorsqu’elle sortirait, il choisirait au mieux.

Le pas de deux se poursuivit. Pour Diana, c’était la panique. Elle connaissait les pas, mais Meldornov était exigeant. Qu’il pousse l’exercice jusque-là était exceptionnel. Son cerveau était embrumé alors qu’elle tentait de se souvenir précisément des pas. La colophane de ses chaussons avait presque entièrement disparu, et elle manqua plusieurs fois de glisser Meldornov lui fit pour une fois grâce d’une remarque de plus.

Les dernières notes tintèrent, et Diana soupira intérieurement de soulagement. La danse était finie, et le cours aussi. Elle était en retard pour son étude de l’après-midi, mais Meldornov insistait sur les étirements. Quitte à fâcher quelqu’un Diana préférait que ce soit la surveillante plutôt que le directeur.

— C’était très bien, s’exclama une des professeurs entrée en douce. Vous avez fait de grands progrès Diana, je vous félicite.

— Vous pouvez mieux faire, s’empressa de renchérir Meldornov avec son tact habituel. La jambe manquait légèrement de fermeté, et la position des bras aurait pu être plus précise. Pensez à la colophane aussi, vous devriez avoir l’habitude. Je vous en dirais plus une fois que j’aurais regardé les vidéos, mais vous ressembliez à une sauterelle. J’ai dit sensualité, pas bestiaire.

— C’est joli une sauterelle, s’empressa de contrer l’enseignante.

— C’est pataud. Je demande de la grâce, pas le ballet des pommes de terre !

Diana ne répliqua même pas. Personne n’échappait aux remarques, c’était comme un bruit de fond. Si elle écoutait, c’était par politesse. Elle n’aurait guère été surprise si on lui avait soudainement appris que Meldornov lui-même ne s’attendait pas à être entendu.

— Revoyez pour demain samedi la technique du pas de deux de la Belle, dit-il en réplique au salut de son élève. Si vous avez le temps revoyez également la variation de la Fée-Saphir.

Le sac déjà chargé sur l’épaule, Diana se figea. Elle ne devrait pas se sentir dérangée, Meldornov la voyait six jours sur sept et lui demandait souvent de revoir sa technique en libre. Les élèves de l’Institut avaient à disposition des studios sur des créneaux contrôlés, mais les plus âgés avaient quelques privilèges. Diana partageait donc un studio d’une trentaine de mètres carrés situé entre sa chambre et celle de sa voisine, en libre accès. Il n’était pas équipé de matériel audiovisuel, mais ce n’était qu’un détail. Entre une grande chambre, le studio, un ordinateur de bureau, Diana ne se plaignait pas. Mikhaïl Vaclavitch Meldornov ne lésinait pas sur les moyens, son idée était que si l’élève ne réussissait pas, c’était de sa faute et non celle des professeurs.

…Quoique ! Il y avait des moments où Diana savait bien que la plus belle des excuses ne servait à rien. Le problème n’était pas dans la répétition.

— Professeur…

Son corps se tendit involontairement, anticipant déjà l’ire. Ça n’allait vraiment pas lui plaire.

— Une question Dwayne ?

— Je vous ai averti la semaine dernière que je vais à Liverpool ce week-end. Votre secrétaire m’a transmis votre autorisation.

Silence. Et voilà. Si le visage de son professeur demeurait impassible, Diana pouvait parfaitement prévoir le déchaînement qui allait suivre. C’était chaque fois la même chose, il refusait de laisser partir quiconque plus de quelques heures. Le dimanche était jour de repos (ce qu’il ne respectait pas toujours pour son propre compte), mais le samedi était travaillé. Il ne pouvait légalement empêcher qui que ce soit de partir, mais son humeur dans ces moments était telle que tous comprenaient le message.

— Exact, reprit-il. Je m’en souviens, mais ce n’est pas pour autant que ça doit me plaire. Vous pensez vraiment que c’est en séchant tous les week-ends que vous réussirez Dwayne ? La danse n’est pas une croisière, elle demande de la rigueur ! Vous devriez le savoir depuis le temps que vous êtes ici.

— Monsieur, je ne suis pas revenue depuis trois mois, et l’association me demande !

— Ils peuvent aller au diable. Quand on veut atteindre le plus haut niveau, il faut savoir faire des sacrifices. Noureev lui-même n’a pas échappé à la règle et il est devenu un des plus grands. Vous n’atteindrez jamais sa renommée si vous persistez à rester ordinaire.

— C’est pour l’anniversaire de ma mère ! Je ne serais absente que deux jours…

— Je me fiche de la raison. Ce sont deux jours de trop. Avec votre niveau actuel, vous ne pouvez même pas espérer entrer dans le corps de ballet du dernier des théâtres ! Allez donc dans votre quartier si vous le voulez mais attendez-vous à en tirer les conséquences. Vous n’avez aucune grâce, aucune âme, et vous continuerez sur cette voie si vous ne faites pas davantage d’efforts. La danse, c’est de la peine et du sang.

Diana tourna les talons et attendit d’être enfermée dans le vestiaire pour laisser sortir quelques larmes. Elle avait beau être habituée au caractère de son professeur, il y avait des moments où elle ne pouvait plus le supporter. Ce n’était pas la première fois, mais il était vraiment obligé de lui rappeler qu’elle moisissait ici ? Elle ne pouvait tout de même être aussi mauvaise, n’est-ce pas ? Il exagérait ? L’accès à l’Institut avait paru lui ouvrir des carrières, mais s’il venait un jour à l’idée de Meldornov de lui fermer toutes les portes, il le ferait et y réussirait sans le moindre remord.

Il y avait des jours où elle aurait aimé le haïr… Parfois Diana elle-même se demandait comment elle pouvait le supporter. Cela faisait six ans, six longues années qu’elle supportait ses lubies, ses critiques, ses piques. Elle avait peu à peu appris à en tirer son parti, mais des avalanches de ce genre, aussi brusques, la blessaient d’autant plus qu’elles étaient rares. C’était même d’autant plus violent qu’elle savait qu’il en pensait chaque mot. La danse était devenue toute sa vie, et dépendre entièrement du bon vouloir de cet homme, de ce dingue, menaçait de la rendre folle.

Ce n’était tout de même pas comme si elle n’avait pas prévenu, elle lui en avait touché un mot la semaine précédente, et son secrétariat était parfaitement informé ! Et puis ses absences n’étaient pas si fréquentes que ce que le danseur voulait faire croire… Trois mois qu’elle n’était pas retournée à Liverpool, et l’occasion était l’anniversaire de sa mère ! Que son professeur s’en fiche était normal, mais il aurait paru au moins un peu plus humain qu’il s’intéresse à la salle de danse portant son nom !

Mais même pas. Enfin, pas plus qu’une fois par an. Passé sa visite annuelle, il les ignorait complètement. C’était probablement son moment annuel de bonté, il les snobait les 364 jours (et demi !) restant. Sun for you my children s’intéressait à lui, à ses élèves ? Ce n’était pas son problème ! Il finançait, il se fendait d’une visite par an, cela devait être bien suffisant.

Et puis elle avait tant de choses à faire ! Tant de nouvelles à prendre ! Le salaire de sa mère permettait de la faire vivre et de payer les rares billets de train ; ses études lui interdisant de prendre un travail joint, Diana n’avait que peu d’argent pour payer la cabine téléphonique, et presque aucun argent de poche. Il fallait rajouter à cela l’épuisement des leçons, le travail scolaire avec l’examen final qui approchait, et le caractère de Meldornov pour comprendre à quel point la jeune fille pouvait parfois se sentir envahie par le désespoir.

Certains à l’Institut détestaient Meldornov. Malgré toute sa bonne volonté, Diana en était incapable. Elle était convaincue depuis qu’elle l’avait vu danser pour la première fois qu’il ne pouvait être aussi méchant qu’il le montrait. C’était un artiste, un véritable génie. Il savait danser autant que faire des chorégraphies, et connaissait assez la musique pour composer quelques pièces courtes ! Le haïr n’était pas dans l’ordre des choses, mais il n’empêchait que, parfois, Diana en avait véritablement envie.

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Jeanne Ulet

Publié dans La Fille aux oiseaux

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