Diana Dwayne : Prélude

Publié le par Jeanne Ulet

Diana Dwayne : Prélude

Je vous ai dit que j'aimais écrire...Et bien c'est vrai. Je n'aurais eu aucun intérêt à mentir de toute façon, et pour vous prouver ma bonne foi je vous présente un extrait de ce que je travaille en ce moment.

Je vous préviens, je ne suis pas Victor Hugo, ni Modiano, ni Chandernagor. Je ne sais pas du tout ce que je vaux (d'ailleurs si vous avez envie de donner votre avis...ahem ahem), mais voilà. Si ça vous plaît, je peux poster la suite, et je me trouve aussi sur fictionpress. J.G.U., c'est moi ! Vous pouvez facilement comprendre d'où vient le J.U., et le G...c'est mon secret (et le pseudo J.U. était déjà pris apparemment)

Le roman se nomme donc La Fille aux oiseaux. Pourquoi ce titre ? Je ne vais pas vous spoiler en me lançant dans une myriade d'explications, je vais vous laisser découvrir. Pour le reste, l'image parle d'elle-même...j'espère (je l'utilise pour la "couverture" sur fictionpress, et elle représente Svetlana Zakharova, prima ballerina au Bolchoï)

Donc, Mesdames et Messieurs, j'ai la grande fierté de vous présenter, en avant-première (ou presque), le prélude de La Fille aux oiseaux !

* roulement de tambour*

Lever de rideau.

« Notre corps crée de la pensée et la danse est son langage. » Dominique Hautreux

— Bien le bonjour Mesdames et Messieurs, vous écoutez Radio Tempo, la radio d’actualité de la musique classique et moderne !

Brandon Neil s’octroya un étirement de satisfaction. L’émission serait bonne, son invitée garantirait de fortes audiences. Pas une chanteuse sulfureuse, pas une blonde platine comme on en voyait tant dans le monde de la pop. Elle n’avait rien des produits du show business, mais selon certains elle marquerait le siècle.

— Aujourd’hui nous avons le plaisir de recevoir la danseuse Diana Dwayne, actuellement en tournée sur notre sol. Si vous n’avez pas acheté votre billet pour la voir ce soir au Metropolitan Opera, n’hésitez pas à tenter votre chance au jeu concours sur notre site internet www.radiotempo.com, ça en vaut la peine ! Il faut également préciser que bien qu’appartenant à la Nation britannique, Miss Dwayne répand ses lumières parmi les grands ballets de Russie depuis plusieurs années. Peu de gens connaissaient son nom il y a encore trois ans. Ma chère Diana, que pensez-vous de votre ascension ? Beaucoup de personnes vous envient.

Ladite Diana ouvrit les yeux, auparavant religieusement clos, et fit face à son interlocuteur. C’était une jeune femme aux cheveux très noirs tressés, ils tombaient sur son épaule et tranchaient avec la chair blanche de son cou. Ses yeux noirs étaient voilés d’un léger lavis prune, et elle sourit légèrement pour dévoiler des dents blanches

— Indescriptible, répliqua-t-elle. On imagine tous ce qu’on ressentirait si ça nous arrivait, mais j’en étais personnellement très loin.

Brandon comprit qu’elle ne dirait plus rien sur la question. Il comprenait mieux maintenant pourquoi elle avait été mise dans son émission, et pas une de plus forte audience.

— Parlons un peu de votre professeur, reprit-il. Que pense-t-il de votre carrière ?

— Lequel ?

— Vous en avez eu plusieurs ?

— Chaque danseur a eu plusieurs professeurs. Tous ne comptent pas pour lui de la même manière, mais chacun apporte sa pierre à l’édifice.

— Vous voulez dire que certains professeurs sont plus importants que d’autres pour un danseur ?

— Noureev a eu Erik Bruhn.

Et merde. Si elle continuait, Brandon n’aurait plus qu’à se retirer dans son coin de campagne pour faire pousser des courges.

— Mais nous parlons de vous, reprit-il avec courage. Noureev était quelqu’un d’exceptionnel et vous l’êtes tout autant.

— Il est un peu trop tôt pour en juger, mais je vous remercie.

— Mais de rien. Alors justement, dites-moi, avez-vous eu, parmi tous vos professeurs, un qui a davantage compté que les autres ? Que pense-t-il des progrès de son élève ?

Diana Dwayne ne répondit pas. Le journaliste s’apprêtait à lui écrire un mot pour lui signifier sa façon de penser, lorsqu’elle renversa la tête en arrière. Yeux fermés, elle montrait un léger lavis prune sur ses paupières. Brandon se demanda à quoi elle pouvait bien songer. Par curiosité, il aurait aimé, juste un instant, entrer dans la tête de l’artiste et enfin comprendre. Toutes les chaînes voyaient passer des originaux, mais Dwayne était quand même un sacré morceau !

— A vous voir silencieuse, reprit Brandon dans un rire à semi jaune, je penserais que vous avez été entourée d’une armée !

— Pas tant que ça, mais vous me posez une question compliquée. Il est évident que j’ai eu un professeur qui a davantage compté pour moi que les autres. Je ne sais simplement pas ce qu’il pense de moi.

— C’est donc un homme ? Je pensais que les ballerines recevaient exclusivement l’enseignement des femmes.

— C’est le plus logique, autant pour des questions de technique que de morphologie.

Encore un silence. Dwayne dansait peut-être bien, autrement on ne l’aurait pas invitée, mais elle était prodigieusement énervante. Est-ce qu’il fallait lui rappeler qu’elle était à la radio ? Ce n’était pas comme la danse, ça demandait des mots !

— Pourtant, continua-t-il avec courage, vous nous dites avoir reçu l’enseignement d’un danseur.

— C’est le cas. Ce n’est pas parce que les professeurs femmes sont habituels pour les ballerines que c’est une obligation, et j’ai eu un professeur à qui je dois presque tout.

— Et pourtant vous pensez qu’il ne sait rien.

— C’est une personne compliquée. Je ne suis plus en contact avec lui.

— Vous me décrivez là un ermite, continua Brandon Neil tout en sentant perler de lourdes gouttes de sueur sur son front.

— Loin de là. C’est un maître dans son art, et c’est lui que vous devez remercier si vous considérez que j’ai du talent. Je ne l’ai simplement pas vu depuis longtemps.

— Il est retraité alors ?

— Non.

— Et serait-ce trop demander que de vouloir connaître son nom ?

— Absolument pas.

Pause. Encore.

— Il s’agit de Mikhaïl Vaclavitch Meldornov.

Et dans un parfait à-propos, le thème magique du Lac des Cygnes emplit la cabine. Pubs.

Voilà, c'est tout pour le moment, sans mauvaise paraphrase. Ce n'est qu'un début évidemment. Je posterai d'autres chapitres, vous découvrirez qui exactement est Meldornov, et vous rencontrerez Bora, Zoya, Cristobal, Elena, et qui sait...peut-être même le danseur Steven McRae, bien réel lui !

A très bientôt !

Jeanne Ulet

Publié dans La Fille aux oiseaux

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White Bird 29/01/2015 14:34

J'adore! Ce n'est certes pas constructif comme commentaire mais c'est la première chose qui vient. Ce prélude est original et ta danseuse déjà tellement attachante. Je t'encourage à publier la suite pour que je puisse en profiter.
Comment tu as fais pour susciter l’intérêt pour des personnages froides, qui parlent si peu? Belle performance, j'espère que la suite gardera la barre aussi haute.

Jeanne Ulet 29/01/2015 14:38

Salut! C'est gentil de passer ;) tu peux trouver la suite sur fictionpress, mais elle apparaîtra bientôt ici aussi.
Maintenant que tu le dis, c'est vrai que mes personnages sont froids. Peut-être parce que je ne sais pas bien faire les personnages exubérants et montés sur piles.
J'espère que Meldornov te plaira autant, c'est un morceau lui !